Fait d’hiver...
Un samedi un peu speed, de garde à l’hôpital
Au carrefour la neige, tapie sur le verglas
Ma R5 sur la pente qui glisse et grille le stop
Regard furtif à gauche d’où peut venir le pire
Angoisse confirmée, semi-remorque de plein fouet
Prévision de la fin
L’esprit s’immobilise, conscient de ce futur
Unique alternative dans ce cercueil de fer
A moins d’ouvrir à droite la porte salvatrice
Tout est blanc à l’entour
Et cet instant ultime, désormais se précise
Lâcher prise doucement du corps et du psychique
En ce temps suspendu silencieusement, j’attends
Et puis soudain le rêve
Je vois ce conducteur soumis à son destin
Calme, assis dans son siège et attendant la fin
J’ai franchi un couloir
En une claire lumière totalement présence
Plus de corps ni d’esprit, tout y est virtuel
Un bonheur éternel me baigne en un seul Etre
Océan de douceur, d’amour et d’évidence
Lumineux et paisible dans mon éternité
Aspiré, fusionné, dans ce bonheur je Suis
Et pour toujours heureux
Tout à coup un amour infini refait face
Celui que j’ai laissé, vision de ma famille,
Dualité brutale, et sublime à la fois
Mon fils en ses sept ans et mes filles deux et un
Vision de mon épouse et grande nostalgie
Tristesse et joie ensemble, un grand regret quand même
Adieu ...
Non pas tant pis, ce tant d’amour encore si fort
Tout à coup m’assaillit et me reprend aux tripes
Je n’ai pas tant vécu que pour partir si tôt
Je n’ai pas eu le temps de Tout vous signifier
Je reviens sur la terre soyez-en rassurés
Car en fait moi je tiens plus à vous qu’à ma vie
Mon rôle dans ce jeu de la vie continue
La grande énigme humaine et le secret du monde
Tour à tour m’ont saisi et dans leur évidence
Cette fureur de vivre tout à coup m’a repris
Ce voyage fil d’Ariane pour moi le restera
L’océan de lumière la nuit me reviendra
Mon passé, mon futur, je les vis au Présent
A tous Le découvrir désormais je souhaite
Oui, ce fût un grand choc
L’auto, glaçon cassé, s’est alors arrêtée
Indemne le conducteur !
Est-il vraiment indemne ?